le Pog de MONTSEGURE

                             La reddition de la place forte                                                                                                       
                             

Le 1er mars 1244, Pierre-Roger de Mirepoix se vit contraint de négocier la reddition de la place forte.
    une trêve de 15 jours est accordée pour les cathares qui voulurent se préparer et recevoir les derniers sacrements.

Le 16 mars, la forteresse s'ouvrit à nouveau. Tous les cathares qui refusèrent de renier leur foi périrent sur le bûcher qui fut dressé pour un peu plus de 200 suppliciés dont la femme, la fille et la belle-mère de Raymond de Péreille : après avoir distribué tout ce qu'ils possédaient à ceux qui les avaient défendus durant dix mois, les parfaits de Montségur furent enfermés dans un enclos préparé au pied de la montagne puis les croisés mirent le feu aux fagots qui y étaient entassés. En tout, deux cent vingt hommes, femmes et une jeune fille (Tous « volontaires ». Les jeunes furent dissuadés par leurs parents de se joindre à eux…) périrent dans le brasier. Parmi eux se sacrifièrent des soldats de la garnison qui n'avaient pas voulu les abandonner. Il fut rapporté que certains chantaient.

Pour certains, le bûcher aurait été monté à 200 mètres du castrum dans le « Prat dels Cremats » (le champ des brûlés) où une stèle fut par la suite érigée par la contemporaine Société du souvenir et des études cathares. Sur la stèle figure l'inscription : « Als catars, als martirs del pur amor crestian. 16 de març 1244 ». Pour d'autres, il semblerait que le lieu réel du bûcher fut sur la colline au-dessus du parking à droite du col en se rendant sur Montferrier.

D'après Yves Dossat, le bûcher fut érigé à Bram, dans le canton de Fanjeaux1.

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La spiritualité cathare

A la fin du XIXème siècle, des poètes, comme Napoléon Peyrat, des écrivains et des philosophes, comme Déodat Roché, redécouvrent le christianisme des Bons hommes. Selon eux, c’est un nouveau manichéisme, qui ouvre la voie vers des connaissances oubliées : la philosophie grecque, la mystique persane, le bouddhisme, les mystères d’Egypte... Et, s’ils ont eu le mérite de sortir cette religion des cartons de l’Histoire, leurs interprétations romantiques ou ésotériques ont amené certains à des déviances graves. Le mythe du Graal-trésor des cathares pacifiquement développé par les Roses-Croix et un de leur fondateur Antonin Gadal, a conduit Otto Rahn, ancien Waffen-SS, à voir dans Montségur le « Montsalvage » de La Table Ronde. Et lors des solstices, le château est le théâtre de regroupements d’illuminés plus ou moins dangereux et de néo-nazis. Peut-être espèrent-ils que va se confirmer la prophétie disant : Al cap de sèt cent ans verdeja lo laurèl ! ( Dans sept cents ans le laurier reverdira ! ) Autrement dit : sept cents ans après le bûcher de Montségur le catharisme devait renaître. Cependant, si le catharisme a été récupéré par des spiritualités mystiques dangereuses ou sectaires, il constitue une base de réflexion pour des penseurs plus sérieux. Simone Weil : « La chrétienté est devenue totalitaire, conquérante, exterminatrice parce qu’elle n’a pas développé la notion de l’absence et de la non-action de Dieu ici-bas » Jean Paul Galibert : « Peut-on tuer une pensée ? [...] Certains effacements portent à le craindre. Par exemple, notre philosophie pourtant si historienne, médite peu l’ontologie indissolublement éthique et négative du Catharisme qui unifiait le Monde, le Mal et le Rien »